Accessibilité de votre site : 6 points simples à vérifier

Réponse rapide : un site accessible, c'est un site que tout le monde peut lire et utiliser, y compris une personne malvoyante, qui navigue au clavier ou avec un lecteur d'écran. Pour le site d'un indépendant ou d'une petite entreprise, six vérifications couvrent l'essentiel : le contraste du texte, le texte alternatif des images, des liens et boutons qui disent où ils mènent, des formulaires avec des étiquettes, la navigation au clavier, et la langue de la page.
Ordinateur portable ouvert sur une table claire, à côté d'un vase de branches d'olivier, dans un bureau baigné de lumière

Dans cet article

Réponse rapide : un site accessible, c’est un site que tout le monde peut lire et utiliser, y compris une personne malvoyante, qui navigue au clavier ou avec un lecteur d’écran. Pour le site d’un indépendant ou d’une petite entreprise, six vérifications couvrent l’essentiel : le contraste du texte, le texte alternatif des images, des liens et boutons qui disent où ils mènent, des formulaires avec des étiquettes, la navigation au clavier, et la langue de la page.

À retenir

  • En février 2026, l’étude WebAIM Million a trouvé des erreurs d’accessibilité détectables sur 95,9 % du million de pages d’accueil analysées.
  • L’erreur la plus fréquente est un texte trop peu contrasté : 83,9 % des pages.
  • Le seuil à viser pour un texte courant est un contraste de 4,5 pour 1, selon les règles internationales WCAG 2.2.
  • Depuis le 28 juin 2025, certaines entreprises ont une obligation légale d’accessibilité, mais les plus petites entreprises qui vendent des services en sont dispensées (détails plus bas).
  • Obligation ou pas, ces réglages rendent votre site plus lisible pour tout le monde, sur un téléphone en plein soleil comme sur un vieil écran.

Pourquoi vous en occuper, même avec un petit site

On imagine souvent que l’accessibilité concerne les grands sites. Les chiffres racontent autre chose. Le rapport WebAIM Million 2026 a passé au crible un million de pages d’accueil en février 2026. Résultat : 56,1 erreurs détectées en moyenne par page, et seulement 4,1 % des pages sans aucune erreur repérée par l’outil.

Bonne nouvelle : les six erreurs les plus courantes sont presque toutes à votre portée, sans compétence technique, depuis votre éditeur de site.

Erreur relevéePart des pages concernées (WebAIM 2026)
Texte à faible contraste83,9 %
Image sans texte alternatif53,1 %
Champ de formulaire sans étiquette51 %
Lien vide46,3 %
Bouton vide30,6 %
Langue de la page non déclarée13,5 %

1. Le contraste entre votre texte et le fond

Un gris clair sur fond blanc, c’est élégant sur une maquette. C’est aussi illisible pour beaucoup de visiteurs. Le critère 1.4.3 des règles WCAG 2.2 sur le contraste (page du W3C mise à jour le 6 septembre 2026) fixe deux seuils :

  • 4,5 pour 1 pour le texte courant ;
  • 3 pour 1 pour le grand texte, c’est-à-dire au moins 24 pixels environ, ou 18,5 pixels environ en gras.

Tapez « vérificateur de contraste » dans un moteur de recherche, collez le code couleur de votre texte et celui de votre fond, et lisez le ratio. Les pièges classiques : le texte blanc posé sur une photo claire, et le texte de couleur pastel sur un fond beige.

2. Un texte alternatif pour chaque image utile

Le texte alternatif est la phrase qu’un lecteur d’écran lit à la place de l’image. Selon le critère 1.1.1 des WCAG 2.2, il sert à rendre accessible l’information que porte l’image.

Deux cas se présentent :

  1. L’image apporte une information (votre photo, un schéma, la capture d’un résultat) : décrivez ce qu’elle montre, en une phrase. Par exemple « Alex dans son atelier, assis près de la fenêtre » plutôt que « photo-1.jpg » (exemple fictif).
  2. L’image est purement décorative (une texture, une forme) : laissez le texte alternatif vide. Le W3C cite même comme erreur le fait d’écrire « image » ou « spacer » pour une image qui devrait être ignorée, car cela distrait les personnes qui utilisent un lecteur d’écran.

Dans WordPress, ce champ s’appelle « Texte alternatif » et se trouve dans la médiathèque, à côté de chaque image.

3. Des liens et des boutons qui disent où ils mènent

Un « lien vide » ou un « bouton vide », c’est souvent une icône seule : le petit logo Instagram en bas de page, la flèche d’un diaporama, la loupe de recherche. À l’écran, on comprend. Pour un lecteur d’écran, il n’y a rien à lire.

Vérifiez que chaque icône cliquable a un nom (« Instagram », « Image suivante », « Rechercher »). Et pour vos textes de liens, préférez « Voir nos tarifs » à « Cliquez ici ». Votre bouton principal mérite la même attention : l’article sur le bouton de rendez-vous explique comment le rendre visible.

4. Des étiquettes sur votre formulaire de contact

Beaucoup de formulaires se contentent d’un texte gris dans le champ (« Votre nom »), qui disparaît dès qu’on commence à écrire. Une personne qui revient en arrière ne sait plus ce qu’on lui demandait, et un lecteur d’écran peut ne rien annoncer du tout.

La solution : une étiquette visible au-dessus de chaque champ, et un message d’erreur qui dit quoi corriger (« L’adresse e-mail doit contenir un @ »). La DGCCRF cite justement le fait d’aider l’utilisateur à corriger ses erreurs de saisie parmi les exigences d’accessibilité des sites.

5. La navigation au clavier

Faites ce test, il prend deux minutes. Ouvrez votre page d’accueil sur ordinateur, posez la souris, et appuyez plusieurs fois sur la touche Tab. Vous devez pouvoir :

  • voir à chaque fois où vous vous trouvez (un cadre ou un soulignement autour de l’élément) ;
  • atteindre le menu, vos boutons et votre formulaire ;
  • ouvrir et fermer une fenêtre surgissante, comme un bandeau de cookies, sans rester bloqué.

Si la sélection devient invisible ou si vous restez coincé dans un menu, notez-le : c’est un réglage à faire corriger. Rendre toutes les fonctionnalités utilisables au clavier fait partie des exigences rappelées par la DGCCRF.

6. La langue de la page et l’ordre des titres

Deux réglages invisibles. D’abord, la langue : elle indique au lecteur d’écran de lire votre texte avec une prononciation française. Sur WordPress, elle découle de la langue choisie dans les réglages généraux. Ensuite, les titres : un seul grand titre par page, puis des sous-titres dans l’ordre, sans choisir un niveau de titre seulement pour sa taille. Les personnes qui utilisent un lecteur d’écran naviguent souvent de titre en titre.

Et la loi, dans tout ça ?

Depuis le 28 juin 2025, la directive européenne sur l’accessibilité s’applique en France. D’après la fiche de la DGCCRF publiée le 13 novembre 2025, elle vise notamment le commerce électronique, la banque, la téléphonie et les transports.

Pour les petites structures, la même fiche précise que les entreprises de moins de 10 salariés, avec un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 2 millions d’euros, font l’objet d’une approche spécifique : aucune obligation d’accessibilité ne s’impose aux prestataires de services. Pour les autres, les manquements sont punis de contraventions de 5e classe, avec des amendes de 7 500 euros cumulables selon le nombre d’infractions.

Ce paragraphe résume une fiche officielle, ce n’est pas un conseil juridique. Si vous vendez en ligne, avez des salariés ou un doute sur votre situation, vérifiez auprès d’un professionnel du droit.

Votre plan en 15 minutes

  1. Vérifiez le contraste de votre texte principal et de vos boutons.
  2. Ouvrez votre médiathèque et remplissez le texte alternatif des images qui portent une information.
  3. Repérez les icônes cliquables sans nom.
  4. Remplissez votre propre formulaire de contact en faisant exprès une erreur.
  5. Parcourez votre page d’accueil avec la touche Tab, sans souris.

Ces vérifications complètent bien la liste des erreurs de page d’accueil qui font fuir vos visiteurs : un site lisible par tout le monde est aussi un site plus clair pour chacun.

Ces six points, je les ai passés sur mon propre template Lily : six pages, trois palettes de couleurs, deux fonds. Textes alternatifs, liens et boutons nommés, formulaire avec étiquettes, navigation au clavier, langue et ordre des titres sont en place. Sur les couleurs unies, le contraste est bon partout. Sur les photos, il dépend de chaque image : c’est le point que je vérifie à chaque mise en ligne. Et si vous voulez un regard extérieur sur votre site, écrivez-moi.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un site web accessible ?

C’est un site que tout le monde peut lire et utiliser, y compris les personnes malvoyantes, celles qui naviguent au clavier ou avec un lecteur d’écran. Les règles internationales de référence s’appellent WCAG, publiées par le W3C.

Quel contraste faut-il entre le texte et le fond ?

Les règles WCAG 2.2 demandent un ratio d’au moins 4,5 pour 1 pour le texte courant, et 3 pour 1 pour le grand texte, soit environ 24 pixels, ou 18,5 pixels en gras.

Que faut-il écrire dans le texte alternatif d’une image ?

Une phrase courte qui décrit ce que l’image montre, si elle apporte une information. Pour une image purement décorative, laissez le champ vide plutôt que d’écrire « image ».

Le site de ma petite entreprise est-il obligé d’être accessible ?

D’après la DGCCRF, les entreprises de moins de 10 salariés avec un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 2 millions d’euros n’ont pas d’obligation d’accessibilité quand elles fournissent des services. En cas de doute, vérifiez votre situation auprès d’un professionnel du droit.

Comment tester rapidement l’accessibilité de mon site ?

Vérifiez le contraste avec un outil en ligne, remplissez les textes alternatifs, repérez les icônes sans nom, testez votre formulaire avec une erreur volontaire, puis parcourez votre page avec la touche Tab sans souris.

Louise Carreno

Louise Carreno

Je crée les sites et les outils IA des TPE et PME : moins de demandes perdues, moins de tâches à la main. Sites clé en main ou sur mesure, et diagnostic IA. En savoir plus

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