Réponse rapide : sur le site d’un praticien ou d’une praticienne du bien-être, évite tout ce qui promet de guérir, de soigner ou de traiter une maladie, tout vocabulaire médical (« patient », « consultation », « hypnose médicale »), les titres que tu ne possèdes pas et les résultats garantis. Écris plutôt ce que tu proposes concrètement : le déroulé de la séance, ta formation exacte, et le fait que ton accompagnement complète un suivi médical sans le remplacer.
À retenir
- La DGCCRF a contrôlé 675 praticiens en 2018 : 460 étaient en infraction (68 %).
- Les allégations de guérison sont analysées comme des pratiques commerciales trompeuses.
- « Patient », « consultation », « diplôme », « certification » : des mots qui paraissent anodins peuvent poser problème.
- Remplace chaque promesse par une description de ta séance et de ta formation réelle.
- Ton accompagnement est complémentaire : il ne remplace jamais un suivi médical.
Pourquoi ces mots comptent autant
Sur une page d’accueil, on veut rassurer, donc on écrit « je soulage », « je guéris », « je traite ». C’est naturel. C’est aussi ce que les contrôleurs de la DGCCRF (la répression des fraudes) ont relevé le plus souvent dans leur enquête.
Dans son enquête sur les « médecines douces », publiée en décembre 2019, elle indique avoir contrôlé 675 professionnels en 2018 (naturopathes, aromathérapeutes, hypnothérapeutes, acupuncteurs, auriculothérapeutes, réflexologues) : 460 étaient en infraction, soit un taux d’anomalies de 68 %. Elle a prononcé 407 avertissements, 43 injonctions de mise en conformité, 8 procès-verbaux (4 pénaux, 4 administratifs) et transmis 15 dossiers au procureur pour des cas potentiels d’exercice illégal de la médecine ou d’usurpation de titre.
Un cas cité par la DGCCRF montre où se situe la limite : un procès-verbal pour pratique commerciale trompeuse a été dressé contre un professionnel qui prétendait soigner la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Autre précision utile : la majorité des manquements concernaient un défaut d’information. Mais les allégations thérapeutiques, elles, revenaient « fréquemment ». Et les sites internet font partie des supports contrôlés. Les contrôles datent de 2018 et je n’ai pas trouvé d’enquête plus récente : prends-les comme une photographie.
Les 8 mots et formules à repérer sur ton site
| Ce que tu risques d’écrire | Pourquoi c’est un problème | Écris plutôt |
|---|---|---|
| « Je guéris », « je soigne », « je traite les maladies » | La DGCCRF cite des praticiens qui disaient « participer à la guérison » ou « traiter les maladies graves » : c’est analysé comme une pratique trompeuse. | « Je t’accompagne » + ce qui se passe pendant la séance |
| « Soulage la douleur » | Même enquête : une allégation de santé que ta qualification ne justifie pas. | Le déroulé : durée, technique, ce que la personne fait pendant la séance |
| « Patient », « consultation » | Ces termes médicaux sont cités comme employés abusivement. | « Cliente » ou « client », « séance », « rendez-vous » |
| « Hypnose médicale » | Selon la DGCCRF, c’est un acte médical réservé aux professionnels de santé. | Le nom exact de ta pratique, sans le mot « médicale » |
| « Diplôme », « certification », « agrément » | Ces mots supposent un diplôme d’État, une certification ou un agrément officiel que tu n’as peut-être pas. | Le nom de ta formation, l’école, l’année, la durée |
| « Psychothérapeute » | Le titre est réglementé depuis 2004, d’après sante.fr. | Ton titre réel, après vérification de tes droits à l’utiliser |
| « Résultat garanti », « arrêtez en 1 h » | La DGCCRF cite ce type de promesse, faite sans pouvoir la démontrer. | Ce que tu proposes, sans promesse de résultat |
| « Alternative à la médecine » | La DGCCRF alerte sur les pratiques présentées comme alternatives, et non comme complémentaires, aux soins. | « Complémentaire », avec la mention que ça ne remplace pas un suivi médical |
Le fondement juridique, d’après la DGCCRF : les articles L.121-1 et L.121-4 du code de la consommation. Ils rangent parmi les pratiques trompeuses le fait d’affirmer faussement qu’une prestation peut guérir des maladies.
Que dire à la place : trois réflexes
1. Décrire plutôt que promettre
Prenons un exemple, à adapter à ta pratique. « La sophrologie soulage ton stress » promet un effet. « Une séance commence par un échange, puis je te guide dans des exercices de respiration et de relaxation » décrit ce qui se passe. La deuxième rassure aussi bien, et personne ne peut te la reprocher.
2. Donner ta formation exacte
D’après la DGCCRF, les formations du secteur vont du simple week-end à plusieurs années de scolarité : un terme vague comme « certification » met tout dans le même sac. Dis précisément l’école, la durée et l’année.
3. Rappeler la place de ton accompagnement
Le portail sante.fr, sur sa page consacrée aux pratiques de soins non conventionnelles, rappelle que seul un médecin peut poser un diagnostic. L’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur ajoute que ces pratiques ne doivent jamais remplacer une prise en charge médicale validée. Une ligne dans ton pied de page ou sur la page de chaque prestation suffit : « Cet accompagnement est complémentaire et ne remplace pas un suivi médical. »
Un exemple avant / après (fictif)
Imaginons Alex, sophrologue à Nantes, dont la page d’accueil dit : « Titulaire d’un diplôme et d’une certification, je soigne l’anxiété et les troubles du sommeil de mes patients. Résultat garanti en 5 séances. » Trois problèmes d’un coup : un titre vague, un vocabulaire de soin, une garantie.
Voici la version que je lui proposerais : « Sophrologue à Nantes, j’ai suivi une formation de 2 ans à l’école X, je t’accompagne par la respiration et la relaxation. Séance individuelle de 1 h, 60 €. Cet accompagnement est complémentaire et ne remplace pas un suivi médical. » Alex, l’école et le prix sont inventés pour l’exemple : à toi de mettre tes vraies informations.
Les autres points que les contrôles ont relevés sur les sites
Les promesses ne sont pas le seul sujet. La DGCCRF liste aussi, parmi les anomalies les plus fréquentes sur les sites : des mentions légales incomplètes, des clauses abusives dans les conditions générales de vente et l’absence d’information sur la médiation de la consommation. Mets donc tes prix et le contenu de tes séances en clair sur ton site. Au cabinet aussi, la DGCCRF a constaté des oublis : une note doit être remise avant paiement dès que la prestation dépasse 25 € (arrêté du 3 octobre 1983 sur la publicité des prix des services).
Pour la liste des mentions obligatoires, j’ai détaillé les sources dans mon article sur le prix d’un site. Et pour que ces pages soient trouvées, lis mon article sur la visibilité sur Google des praticiens et praticiennes.
Ta checklist avant de publier
- Cherche sur chaque page ces 7 mots : « guérir », « soigner », « traiter », « soulager », « patient », « consultation », « médical ».
- Remplace chaque promesse par une description de ta séance.
- Vérifie que chaque titre, diplôme ou certification affiché existe vraiment, avec son nom exact.
- Ajoute la mention « complémentaire, ne remplace pas un suivi médical ».
- Affiche tes tarifs en euros, tes mentions légales, tes CGV et le nom d’un médiateur de la consommation.
Je ne suis pas juriste : cet article te donne des repères tirés de sources officielles, pas un avis juridique. En cas de doute sur ton cas précis, rapproche-toi de la DGCCRF de ton département ou d’un avocat.
Gagner du temps avec un site déjà pensé pour ton métier
J’ai conçu Lily, ma première famille de templates, pour les praticiennes et praticiens du bien-être : tu y mets ta formation exacte, tes tarifs et le déroulé de tes séances. Découvre les templates ou écris-moi pour en parler.
Questions fréquentes
Puis-je écrire « je soigne » si mes clients me disent que ça les aide ?
Non. Le ressenti d’un client ou d’une cliente ne remplace pas une qualification médicale. La DGCCRF analyse les allégations de guérison comme des pratiques commerciales trompeuses. Parle de ton accompagnement et décris la séance.
Ai-je le droit d’écrire « naturopathe » sur mon site ?
La DGCCRF a relevé des usages du mot « naturopathe » par des personnes sans la formation requise, mais je n’ai pas trouvé dans mes sources de liste précise des formations exigées. Décris donc ta formation exacte (école, durée, année) et vérifie ton cas auprès de la DGCCRF de ton département si tu as un doute.
Puis-je parler de « patients » ?
Mieux vaut l’éviter : la DGCCRF cite « patient » et « consultation » parmi les termes médicaux utilisés abusivement. Utilise « clientes », « clients », « séance » et « rendez-vous ».
Que faire des témoignages qui parlent de guérison ?
Un témoignage engage ton site comme si tu l’avais écrit. Si un avis contient « ses séances ont guéri mon problème » ou « j’ai arrêté mon traitement », ne le publie pas tel quel : demande à la personne de décrire son expérience de la séance.
Faut-il mentionner que mon accompagnement ne remplace pas un médecin ?
Oui, c’est recommandé. sante.fr et l’ARS rappellent que ces pratiques ne se substituent pas à un suivi médical. Une phrase claire sur chaque page de prestation suffit.



